Poursuivi pour coups mortels, Seïkou Camara déclaré inaccessible à la sanction pénale

Poursuivi pour coups mortels, Seïkou Camara déclaré inaccessible à la sanction pénale

Par: Jean-Marie NAFONHUNDE
17-08-2018

Cotonou, 17 août 2018 (ABP)- La Cour d’assises de Cotonou a déclaré, ce jeudi, Seïkou Camara, âgé de 33 ans, de nationalité gambienne et revendeur, coupable du crime de coups mortels commis sur la personne de Saïbo Drammeh en juin 2015 à Akpakpa/Cotonou, inaccessible à la sanction pénale parce qu’il est déclaré mentalement malade par un expert psychiatre. C’est l’épilogue du 27ème dossier inscrit au rôle provisoire complété de la session supplémentaire de la Cour d’assises 2018.

Courant juin 2015, Seïkou Camara, de nationalité gambienne et domicilié à Akpakpa Minouchou (Cotonou), a partagé avec son compatriote et cohabitant Saibo Drammeh, l’information relative à l’opportunité de voyage sur le Gabon que d’autres compatriotes à eux ont eue. Il s’en est suivi une dispute entre Seïkou Camara et Saibo Drammeh. Le nommé Doukouré Hague, un autre gambien qui suivait la scène, a calmé Seïkou Camara qui est retourné à la maison. Quelques instants après, Seïkou Camara est revenu armé d’un couteau à l’aide duquel il a poignardé Saibo Drammeh aux aisselles. Transporté d’urgence au Centre Hospitalier et Universitaire Hubert Koutoukou Maga de Cotonou, Saibo Drammeh a rendu l’âme.

Inculpé pour meurtre, Seïkou Camara a reconnu les faits avec cette constance devant le juge d’instruction qu’il n’avait pas l’intention de donner la mort à la victime.

Ce jeudi à la barre, l’accusé a reconnu les faits avec la même constance ; celle de ne pas avoir l’intention de donner la mort. Il a tout de même reconnu s’être bagarré avec la victime et lui avoir porté des coups de poignard sous les aisselles et que le nommé Doukouré Hagué les a calmés au cours de la première bagarre. L’accusé a déclaré que la victime n’était pas armée. A propos de la cause de la bagarre, il a dit qu’il l’ignore et admis qu’en portant des coups de poignard à la victime, celle-ci pouvait en mourir. Il a laissé entendre que c’est après qu’il a été informé de la mort de Saibo Drammeh.

Prenant ses réquisitions, le Ministère public a fait savoir que certaines personnes, au lieu de prendre leur mal en patience, préfèrent user de la violence pour montrer qu’elles sont puissantes. Ensuite, il a relevé les éléments constitutifs du crime de coups mortels et déclaré qu’ils sont constitués à l’endroit de l’accusé. Le rapport d’expertise médico-psychologique et psychiatrique, réalisé par l’expert psychologue Egué, déposé à la justice et annexé au dossier de l’accusé, a révélé que l’accusé disposait de toutes ses facultés au moments des faits et donc est accessible à la sanction pénale.

Contrairement à ce rapport, deux autres rapports d’expertise médico-psychologique et psychiatrique ont été réalisés par l’expert psychiatre Grégoire Gansou. Il ressort de ces rapports que l’accusé était mentalement malade et qu’il souffrait de schizophrénie désorganisée. Conclusion : la maladie en est pour quelque chose dans ce crime. En conséquence, a recommandé l’expert, le malade devra être interné. Mais, il est à souligner que dans le dernier rapport, il est mentionné que la prise en charge du malade a réduit le risque de dangerosité lié à son état.

Tenant compte de la conclusion du rapport d’expertise médico-psychologique et psychiatrique de l’Expert Egué et de la conclusion du deuxième rapport de l’expert psychiatre Grégoire Gansou, le Ministère public a demandé à la Cour de déclarer l’accusé coupable de l’infraction du crime de coups mortels et de le condamner à la peine de dix ans de travaux forcés.

La défense va plutôt inviter la Cour à la vigilance et surtout à avoir le regard sur les circonstances du crime. Aussi, a-t-elle exhorté de la Cour à ne pas perdre de vue le fait que l’accusé est de nationalité étrangère. Une situation qui appelle la responsabilité de l’Etat.

Après certaines observations tenant compte des rapports de l’Expert psychiatre Grégoire Gansou, mettant en cause la santé mentale de l’accusé, concluant qu’il ne peut être accessible à la sanction pénale et invitant l’Etat à son internement pour sa prise en charge, la défense a demandé que son client Seïkou Camara soit plutôt condamné au temps déjà passé en prison afin de lui permettre de se soigner convenablement.

La Cour va tenir compte de son état de santé mental en le déclarant inaccessible à la sanction pénale et a ordonné son internement au Centre national hospitalier de traitement des maladies mentales de Jacquot de Cotonou.

La date de mise en détention préventive de l’accusé est le 15 juillet 2015.

Le président de la Cour est Zacharie Dah-Sékpo. Les assesseurs sont Edmond Ahouansou et Serges Hounnouvi. Gibert Togbonon a représenté le Ministère public et Me Chéou Chrisophe a tenu la plume.

ABP/JMN/JFH


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